“Le FMI pourrait bientôt passer la France à la loupe, le déficit public est à la dérive”

La nouvelle est passée largement inaperçue, façon Coué, mais c’est étonnant et remarquable : le FMI a lancé un avertissement non pas en Italie ou en Grèce, mais en France sur la perte de contrôle des comptes publics. Il faut dire qu’après le “à tout prix” 2020-2021 ou le bouclier tarifaire 2022, la dette publique française a explosé de près de 550 milliards d’euros. Cela remet la France en récession et doit faire face à une inflation encore plus forte.

Mais les autorités françaises se sont calmées et ont décidé d’arrêter de faire l’imbécile et de poursuivre leur mauvaise gestion des dépenses et de la dette… La prédiction du FMI est claire : la France va devenir une anomalie politique en matière de maîtrise des dépenses publiques et des déficits budgétaires. Europe jusqu’en 2027. En effet, selon lui, le déficit budgétaire de l’Etat atteindra au moins 5,4% en 2023, puis se stabilisera à pas moins de 5% jusqu’en 2027. A titre de comparaison, le déficit budgétaire de l’Allemagne sera ramené à 0,5 en quatre ans. En pourcentage du PIB, l’Italie jusqu’à 3 % et la zone euro dans son ensemble jusqu’à 2,5 %. Pour les contribuables français (qui seront des « dindons de dinde » comme d’habitude) face à ces dérapages incontrôlés et très coûteux, quatre grandes questions se posent.

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1. Les craintes et les avertissements du FMI sont-ils justifiés ? Malheureusement oui! Certes, les prévisions du FMI sont souvent loin de la réalité, notamment en matière de croissance. Il est donc évident de les ramasser avec des pincettes. Mais en regardant les politiques budgétaires passées, présentes et futures de la France, il est clair que le déficit budgétaire de la France va inévitablement augmenter. Selon nos prévisions, il est possible d’atteindre 6 % en 2023.

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Dans cette situation, la dette publique de la France dépassera très certainement très rapidement 120 % du PIB. La poursuite de la récession en France a vu l’indice des directeurs d’achat passer sous la barre des 50 en novembre, signe que la baisse d’activité est déjà amorcée.

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2. Comment en sommes-nous arrivés là ? La réponse est malheureusement simple : le dernier excédent de la France sur les comptes publics remonte à… 1974. Depuis lors, seules les pertes! De plus, la théorie de la récupération de Keynes a été complètement rejetée en France. En fait, une relance budgétaire est justifiée lorsqu’une récession menace ou commence. Par conséquent, il permet à la barre d’être nivelée. En revanche, les dirigeants du pays l’ont oublié, mais la grande majorité des économistes français estiment qu’une fois la croissance revenue et les moteurs privés repris, le gouvernement devrait couper ses ailes en réduisant les dépenses. un bilan voire un excédent budgétaire, qui permettront à la machine de redémarrer à la prochaine crise.

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Loin de cette approche de bon sens, depuis les années 1980, tous les gouvernements français n’ont cessé d’augmenter les dépenses publiques quelle que soit l’évolution de l’activité économique. En 1998-2000, la croissance économique était supérieure à 3,5 % par an, mais elle a atteint le paroxysme de l’absurdité lorsque le gouvernement Jospin a décidé de dilapider le « chaton » cyclique et de le transformer en dépenses structurelles.

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ACDEFI (Source : INSEE, estimations 2022 et prévisions 2023 : ACDEFI)

Depuis, rien n’a changé, presque rien n’a changé, et le tumulte vertigineux continue. Il a simplement changé de nom et est devenu célèbre “à tout prix”. Seulement voilà, si de 2020 à 2022 cette dernière est financée par « l’impression monétaire » de la BCE, la fin de cette dangereuse stratégie monétaire obligera la France à payer, notamment en augmentant le taux d’intérêt sur les obligations d’État. . Même si ce dernier a récemment été réduit, le paiement sera très élevé. Au moins 110 milliards d’euros de hausses de taux d’intérêt au cours des dix prochaines années.

3. À quoi ressemblera l’économie française en 2023 en termes de croissance, d’inflation et de déficit ? Le problème, c’est que si le dérapage budgétaire de la France permet une croissance forte et durable, on est dans « l’enfer gourmand ! aurait pu pleurer. Mais malheureusement ce n’était pas le cas. Loin de là. Et pour cause : après avoir augmenté en moyenne de seulement 0,7 % par an entre 2007 et 2021, le PIB de la France devrait reculer fin 2022 et début 2023. Dans ce contexte, même si une reprise technique est encore possible, la variation annuelle du PIB français sera au mieux de 0,2 % en 2023.

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Nous serons donc très loin de la prévision du gouvernement, qui se traduira par un déficit budgétaire beaucoup plus élevé qu’annoncé. Par conséquent, de nouvelles hausses des taux des obligations d’État n’aggraveront évidemment pas la récession, entraînant du chômage, des déficits publics… et le cercle vicieux se poursuivra. L’inflation, qui a atteint 8-10 % fin 2022-début 2023, sera confortée par un retour aux alentours de 4 % mi-2023, où elle se maintiendra. reste très élevée et pénalisera la consommation et les performances globales.

4. Peut-on sauver l’économie française dans cette situation ? Bien sûr, mais pour y arriver, il faut avoir le courage de faire une “thérapie de choc bon enfant”. Cette dernière, en particulier, devrait conduire à une forte réduction de la pression fiscale pour tous (entreprises et ménages), ainsi qu’à une réduction des charges budgétaires, notamment des charges de fonctionnement. Le problème, c’est qu’après quatre décennies à nier la réalité et à bousculer le budget, il sera difficile de convaincre les Français. Mais il faut accepter que si nous n’y parvenons pas, la France sera sous tutelle du FMI.

Mark Tuaty, économiste, président de l’ACDEFI et auteur de 7 livres d’économie à succès.

Son nouveau livre, RESET II – Welcome to the World After, qui sortira le 1er septembre 2022, est un essai économique le plus vendu d’Amazon.

Marc Tuati

Vous pouvez également regarder son histoire vidéo ici sa chaîne Youtube et last but not least : la France sera-t-elle bientôt sous tutelle du FMI ?

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