Les intercommunalités veulent être incontournables dans le développement économique

Effacées de leur profil de simple aménageur, les intercommunalités sont devenues de véritables acteurs du développement économique ! Et elles doivent compter davantage et s’imposer, dans les propositions comme dans l’action. Cette perception de leur évolution ressort des conclusions d’une étude de cinq ans (1) que les Intercommunalités de France (IdF, ex AdCF) mènent auprès de ses adhérents et que leurs répondants représentent un quart d’entre eux.

Bien qu’aucune information ne soit totalement inédite pour l’association, l’étude confirme les impressions : “On faisait des hypothèses et aujourd’hui on a des chiffres”, résument Clément Baylac – consultant économique, attractivité, commercial et numérique – et Lucas Chevrier – consultant industrie – au sein du Intercommunalités. de France. Non seulement les intercommunalités s’engagent à développer l’activité, mais elles agissent également comme une interface entre les acteurs publics et privés sur leur territoire, et un partenaire des régions, notamment en termes d’attractivité et de marketing territorial (41% des répondants), l’emploi (47%), et la stimulation des filières émergentes (24% communiquent ensemble sur ces filières et 17% travaillent avec la région pour créer un cluster ou un réseau dédié).

Le recrutement, un problème pour tous les territoires

Le premier indicateur du poids accru de l’intercommunalité ressort des moyens mis à disposition. Elle n’est même pas égale d’un territoire à l’autre. Alors qu’il y a 6 ans elles n’étaient que 70 %, 91 % des intercommunalités disposent aujourd’hui d’un service de développement économique, et 75 % ont une stratégie définie ou planifiée. Un besoin amplifié par la crise sanitaire qui a mis en lumière l’action des territoires aux côtés de la région (77% des sondés pensent poursuivre le soutien aux entreprises développé pendant la période covid ou l’ont déjà pérennisé), et indispensable, alors que “99 % des territoires rencontrent des problèmes de recrutement », affirment les deux experts de l’IdF. « 77 % constatent une inadéquation entre la formation et les emplois proposés. Les chiffres sont très élevés, on ne les attendait pas », ont commenté les deux consultants. Avec les difficultés d’accès aux parcs commerciaux (ressenties par 61% des répondants), c’est leur principal frein à l’embauche. Se sentant investies d’une mission, 63% des intercommunalités organisent des forums de l’emploi et autres opérations de même nature.

Pour un parc public intercommunal

Le foncier est une autre “préoccupation” pour les intercos, alors qu'”un tiers des parcs d’activités sont saturés ou proches de l’être”, poursuivent Clément Baylac et Lucas Chevrier. Selon eux, il faudra “renforcer les leviers d’intervention”, notamment les documents d’urbanisme, alors que seule une intercommunalité sur deux est couverte par un PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal). « C’est fou de penser que les communes n’en ont pas et qu’elles sont encore au RNU ! » (Règlement national d’urbanisme).

L’identification des friches est le deuxième levier, mais elle crée un “problème financier”, notamment en cas de pollution ou de coûts d’aménagement pouvant atteindre “plusieurs millions d’euros” rapporte l’étude précisant que si “le garde-fou de la fiscalité économique semble une “bonne idée” ” pour l’IdF, la suppression de la CVAE (contribution sur la valeur ajoutée des entreprises) ne va pas dans ce sens. A terme, le choix se porte plutôt sur le développement d’un parc public intercommunal, à l’image de ceux existant en Allemagne. “On passe d’un modèle ZAE à une offre de service au sol”, résument les deux experts. La réflexion peut être étendue à la mobilité, à la garde d’enfants et à d’autres sujets transversaux qui répondent aux attentes des entreprises.

Pas de nouvelles compétences !

Grâce aux résultats de cette étude, les Intercommunalités de France élaborent sa feuille de route, en plusieurs axes. Premièrement, l’attractivité économique et la nécessité de définir les caractéristiques d’un territoire attractif à l’heure des crises sanitaires et énergétiques mondiales. Une étude aura lieu en janvier. Deuxième atout, les compétences et les emplois, avec pour objectif d’apporter des réponses aux attentes des entreprises. Une dizaine de rendez-vous programmés et des propositions seront faites au gouvernement concernant le recrutement, l’intégration, « tout ce qui contribue à la qualité de vie sur le territoire et qui incite les individus à prendre position. Il y a une multiplicité d’actions à mettre en œuvre avec une multiplicité d’acteurs à mobiliser. »

Enfin, l’IdF souhaite mettre l’accent sur l’industrie, « sujet central et porteur de long terme de notre association. “Alors que l’outil a une moyenne de 15 ans, l’IdF demande” un fonds pérenne au-delà de France Relance, notamment pour se digitaliser et se décarboner face à des besoins de modernisation évidents. Enfin, comme l’insistent Lucas Chevrier et Clément Baylac, « il faut vraiment que les intercommunalités soient en première ligne, une coordination territoriale avec un maître d’ouvrage, des financements décentralisés au niveau régional et « au lieu de s’appuyer sur les préfets pour porter des projets, il faut s’appuyer sur les collectivités. Nous ne demandons pas de nouvelles compétences mais de bien faire avec celles qui existent déjà. »

Le commerce sous l’objectif

Quels constats et quels défis doivent être relevés en termes de développement et de tissu commercial ? Ces questions devront trouver une réponse dans la prochaine étude des Intercommunalités de France. Le groupe de travail a été créé, la méthode est en cours de finalisation et l’étude sera publiée début 2023 avec des propositions – sorte de feuille de route – à mettre en œuvre la même année. L’enquête portera notamment sur l’avenir du commerce de proximité face au commerce électronique, le développement face à la faible propriété foncière, les enjeux logistiques, etc. Et comment activer les leviers pour répondre à ces enjeux.

Références

Consultez l’étude quinquennale en cliquant sur ce lien

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Classements

Classement 01
Questionnaire en ligne, de mars à mai 2022. 301 réponses, soit 1⁄4 des intercommunalités françaises. Les communautés urbaines, les établissements publics territoriaux et la métropole ont été regroupés dans « Grand Urbain ». 2/3 des intercommunalités répondantes ont moins de 50 000 habitants et 1⁄4 ont 5 001 à 10 000 salariés. Enquête complétée par une quinzaine d’entretiens semi-directifs réalisés par des agents des services de développement économique de communautés de communes et d’agglomérations. Retour au texte

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