Tourisme, industrie… l’économie de la Tunisie se reprend, mais l’inflation inquiète

L’économie tunisienne est encore fragile, malgré le meilleur, après avoir été fortement affectée par le Covid-19 et la crise politique. Après la révolution de 2011, l’économie a subi une décennie de perte de croissance (entre 2011 et 2019, la croissance du PIB est tombée à 1,7 % en moyenne). “Depuis, la croissance de l’économie tunisienne a repris des couleurs grâce au retour des touristes et à une bonne activité manufacturière”, note à cet égard Cartan Trade. Quoi qu’il en soit, structurellement, le secteur du tourisme en Tunisie est confronté à “des problèmes de sécurité, une concurrence étrangère accrue, un manque d’investissement et une faible diversification de l’offre et des thématiques”, rappelle-t-elle à Coface.

Par ailleurs, les comptes nationaux sont toujours fortement déficitaires, en raison, notamment, de “politiques de soutien très larges à l’activité économique”, note Cartan Trade. A cet égard, Coface s’attend à des déficits publics et courants de près de 8% du PIB pour cette année, avec une dette publique avoisinant les 93% du PIB. La situation en Tunisie “reste fragile et présente un profil de risque dégradé, avec des perspectives de reprise encore très incertaines”, prévient Cartan Trade. Au-delà du contexte économique, la situation politique est également encore fragile. Les réformes constitutionnelles de 2022 « fragilisent la capacité du gouvernement tunisien dans les réformes structurelles dont le pays a besoin », dénonce l’assureur-crédit.

Lire Aussi :  La Tanzanie attend beaucoup des projets pétroliers controversés de TotaEnergies

A LIRE AUSSI

Tunisie : chômage, inflation, dette… Najla Bouden au chevet de l’économie

A l’image de l’Europe, l’inflation n’a pas épargné la Tunisie, avec une hausse des prix à la consommation à près de deux chiffres. Les matières premières (alimentation et énergie) sont particulièrement concernées par le phénomène. Forte inflation qui a affaibli le dinar (la monnaie tunisienne) et l’ensemble de l’économie tunisienne.

Lire Aussi :  en 2023, la région met le cap sur un tourisme plus vertueux !

>> Achetez et vendez vos investissements (bourse, crypto-monnaies, etc.) au bon moment grâce à Momentum, la lettre d’investissement et la newsletter de Capital sur l’analyse technique, économique et financière. Et dès maintenant, avec le code promo CAPITAL30J, profitez d’un mois d’essai gratuit.

De manière plus structurelle, le pays souffre de fortes inégalités sociales et géographiques, d’un chômage élevé (notamment chez les jeunes : 41%), terreau fertile à la multiplication des troubles sociaux et des manifestations. En outre, “une réglementation excessive de l’activité économique, une moindre orientation sur le commerce extérieur, la faiblesse des investissements et le manque d’innovation ont pesé considérablement sur la croissance de la productivité”, dénonce la Banque mondiale.

Lire Aussi :  Démystifier l’économie | Le destin des devises étrangères

A LIRE AUSSI

Algérie, Maroc, Tunisie… de plus en plus de jeunes veulent immigrer en France

Cependant, la Tunisie n’a pas d’atouts. Au-delà du soutien des bailleurs de fonds internationaux, européens et arabes, l’économie, qui bénéficie des ressources naturelles (phosphates et hydrocarbures notamment), tend progressivement à se diversifier. La proximité avec le marché européen et l’accord d’association avec l’Union européenne sont également significatifs.

Cependant, l’érosion du pouvoir d’achat des logements liée à l’inflation, la trajectoire incertaine du secteur touristique, la dégradation des finances publiques et la fragilité de la situation politique incitent à une certaine prudence quant aux perspectives du pays.

A LIRE AUSSI

Tunisair, CPG… les fleurons de la Tunisie désespérée

Source

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Articles Liés

Back to top button